Affligeante : La première intervention de Dimitri Houbron à l’Assemblée

Affligeante : La première intervention de Dimitri Hourbon à l’Assemblée

NB : Notre député du Douaisis s’exprimait pour la première fois à la tribune de l’Assemblée nationale à l’occasion du vote concernant la prorogation de l’état d’urgence, soit son prolongement. Ayant suivi avec attention les échanges parlementaires sur cette question essentielle touchant aux libertés publiques, j’ai donc redoublé d’attention lors de la prise de parole de Monsieur Houbron. Je ne peux dire que j’en étais déçu, car pour être déçu il faudrait en être surpris. Mais je ne peux cacher mon indignation au terme de celle-ci ! Des accusations tendancieuses enveloppées dans un lot de formules creuses, en voilà le résumé.

Il convient cependant, et avant toute chose, de présenter les conditions dans lesquelles s’est déroulée la session parlementaire du jeudi 6 juillet, relative donc à la prorogation de l’état d’urgence. D’une part, il convient de rappeler que l’état d’urgence arrive à échéance le 15 juillet. Il  était donc possible d’ouvrir sur plusieurs jours un débat de fond. Or la majorité actuelle a choisi d’aller vite et d’imposer sa cadence. Il y avait apparemment urgence… à prolonger l’état d’urgence. Ainsi il n’a pas été possible par exemple pour l’opposition d’auditionner le ministre d’Etat en charge de cette question lors des commissions. D’autre part il faut mentionner le fait qu’aucun des amendements proposés ni des autres sujets évoqués lors des débats, n’ont été retenu. Quid des moyens opérationnels mis en œuvre pour faire face aux attaques et aux actes terroristes ou du recrutement des agents? Pire, aucun bilan n’a été fait sur l’efficacité de ce régime juridique d’exception…

Un discours caricatural, manichéen et accusateur

L’intervention express de Monsieur Houbron (5min, dernier orateur pour la LREM) a d’abord commencé lentement, par un rappel du contexte politique (attentats, crise de confiance) puis par des remerciements sincères aux forces de l’ordre. Le tout, ponctué par une série de formules creuses dont je ne ferai ici le reproche. Elles permettent en effet parfois de combler les discours à bonne escient et d’articuler une idée à une autre. Il faut noter cependant, le manque de précision et de clarté dans le propos général que Monsieur Houbron a tenu.

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Vint ensuite la problématique, qui est le corps du discours : « Sommes-nous capables d’assumer cette immense responsabilité, capables de faire le choix du courage en maintenant et en prorogeant l’état d’urgence ou, au contraire, succomberons-nous aux sirènes de l’inaction mortifère ? » Voilà donc la caricature : l’état d’urgence ou la mort. En clair, il n’existerait qu’une seule voie, qu’une seule issue, qu’une seule réponse à apporter pour lutter efficacement contre les menaces terroristes. Monsieur Houbron pose ainsi une vision manichéenne du débat : Ou nous votons l’état d’urgence et alors nous sommes responsables, ou nous le refusons et alors nous serions  irresponsables. Aucune alternative donc. Avouons que cela est très réducteur… L’argument qui n’en est pas un, et répété quelques instants plus tard, « Vous, chers collègues qui vous opposez à cette prorogation, comment pouvez-vous assumer la responsabilité de réduire la protection de nos concitoyens ? ». Preuve s’il en fallait une, que cette intervention était bien vide sur le plan rhétorique…

Mais là où le discours de Monsieur Houbron dépasse l’entendement, c’est lorsqu’il pousse jusqu’au bout la logique de la responsabilité politique à voter l’état d’urgence : « Imaginons une seconde que cette loi ne soit pas prorogée, imaginons une seconde qu’un attentat survienne cet été ! Aurez-vous le courage d’aller devant les familles endeuillées pour leur dire que vous avez fait le choix de ne pas assurer leur protection ? » a-t-il adressé aux députés France insoumise. Ce syllogisme de mauvais goût est un pur scandale : alors que nous devrions faire bloc et discuter sereinement des mesures à mettre en œuvre pour lutter efficacement contre le terrorisme, voilà que tous ceux qui se prononceraient contre l’état d’urgence porteraient une responsabilité dans la mort d’innocents et devraient aller rendre des compte auprès des familles ?! Ce n’est ni sérieux  ni à la hauteur d’un représentant de la nation. La réalité est tout autre : si complicité ou responsabilité il y a, c’est au gouvernement de répondre de ses actes : Que fait-il aujourd’hui contre l’entreprise Lafarge accusé de financer des réseaux terroristes en Syrie ? Que fait-il, en matière d’alliances géopolitiques, avec les États qui financent eux aussi de telles activités ou commettent eux-mêmes des actes de terrorisme de masse contre leur propre population ?

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Enfin, le jeune député a fini par avouer l’objectif poursuivi par sa majorité en concédant la phrase suivante «  (pour) inscrire dans le droit commun des mesures efficaces assurant la protection de nos concitoyens ». Voilà le piège refermé. Il s’agit donc bien de prolonger l’état d’urgence une dernière fois jusqu’au mois de novembre, pour l’arrêter ensuite… mais en le traduisant dans le droit commun ! Bref le jeter par la porte pour le faire revenir par la fenêtre. Tout ceci est ridicule et mérite mieux. Car enfin, la première chose à faire, c’est de dresser le bilan de l’état d’urgence.

 Le bilan de l’état d’urgence

Définition : une forme d’était d’exception permettant aux autorités administratives (ministre de l’Intérieur, préfet) de prendre des mesures restreignant les libertés comme l’interdiction de la circulation ou la remise des armes à feu de certaines catégories. Les mesures les plus sévères sont les assignations à résidence, la fermeture de certains lieux, l’interdiction de manifester et les perquisitions administratives de jour et de nuit. Ainsi, il dessaisit la Justice de certaines de ses prérogatives.

  • Une mesure contre productive

L’état d’urgence perpétué pendant plusieurs mois s’avère non seulement inefficace mais encore contre-productif. Les derniers chiffres en attestent : les quelque 4 500 perquisitions administratives menées n’ont débouché que sur une vingtaine à peine d’enquêtes ouvertes pour association de malfaiteurs à but terroriste.

  • L’arsenal juridique existant est suffisant… mais encore faut-il lui donner les moyens de fonctionner correctement

Dimitri Houbron avançait l’idée qu’un vide juridique existait. Rappelons avec Danièle Obono que « les huit lois antiterroristes des trois dernières années s’inscrivent dans un corpus de plus de trente lois, depuis le premier texte de septembre 1986, qui a mis en place des procédures particulières pour lutter contre le terrorisme. La fin de l’état d’urgence ne signifie donc pas que nos services de sécurité n’auront pas les moyens de mener leurs missions à bien. » Ces lois impliquent donc que nous puissions là aussi en faire le bilan afin de les adapter aux réalités quotidiennes vécues par les forces de l’ordre, et nous appuyant sur les travaux d’universitaires. Au lieu de cela, l’état d’urgence est donc prolonger sans prendre le temps du débat.

  • Une menace possible pour nos libertés individuelles et collectives

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Le rapport d’Amnesty International, pointe en effet la problématique suivante : l’état d’urgence a permis 155 interdictions de manifestations revendicatives et 639 interdictions individuelles de manifester sous diverses formes, dont 21 pour la COP21… Quel est le rapport avec le terrorisme ? Comme l’a rappelé très justement Danièle Obono, depuis un an et demi, les préfets ont eu recours aux pouvoirs de l’état d’urgence pour signer 155 arrêtés interdisant des rassemblements, soit un tous les trois jours, et pour restreindre la liberté de 639 personnes, dont 574 dans le cadre du mouvement contre la loi travail. En 2016, 40 % des mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence ont été contestées devant un tribunal et déclarées illégales. L’État remet donc largement en cause un certain nombre de libertés. J’en reste pour ma part à cette citation de Benjamin Franklin “Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux”

D’autres mesures s’imposent

Face à ce constat, et à la montée de discours clivants et stigmatisants, nous devons prendre des mesures fortes et concrètes. Je les résume ici autour de trois axes. Elles sont suffisamment étayées dans notre programme, « L’Avenir en commun » ainsi que dans le Livret thématique relatif aux questions de sécurité.

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La première tâche est d’arrêter la guerre pour tarir le vivier et le terrain d’entraînement de l’ennemi par : Le refus de la logique du choc des civilisations et de la « guerre intérieure »et la sortie des guerres déstabilisatrices et des alliances hypocrites avec les pétro-monarchies du Golfe ; La mise en œuvre d’une stratégie globale de lutte contre Daesh « hors limites » et la création d’une coalition universelle sous l’égide de l’ONU ciblant les composantes économiques (blanchiment d’argent, ressources pétrolières, approvisionnement internet) ; La sortie de l’Otan pour instaurer l’indépendance de la France dans le monde

La deuxième étape consiste en l’amélioration de la prévention et la lutte raisonnée contre l’embrigadement par : La prévention en assumant le rôle central de l’Éducation, de la Sécurité sociale, des services publics de proximité et des mécanismes socio-économiques et psychiques. La réponse aux racines des violences aveugles n’est pas policière mais multifactorielle ; Le développement de peines de substitution à la prison pour les courtes peines. La prison est actuellement un lieu d’embrigadement et de constitution de réseaux.

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Le troisième aspect essentiel repose sur des services de renseignement efficaces par : Le renforcement du renseignement territorial et humain. Nous reviendrons sur la fusion de la DST et des RG. Cette respécialisation du renseignement permettra de privilégier l’infiltration, le travail de terrain et le redéploiement intelligent. A rebours de l’illusion du tout technologique (vantée par le gouvernement), cela permettra de renforcer les moyens d’analyses des renseignements collectés.

Il faudrait enfin imaginer le renforcement des prérogatives du Parlement en matière de sécurité avec la création d’une commission permanente devant laquelle les services rendent compte, en augmentant les pouvoirs d’injonction et du droit de citation de la « délégation parlementaire au renseignement ».

 

Me voilà donc de nouveau en situation de m’opposer aux choix politiques de la majorité, dont localement Monsieur Houbron en est le porte parole. Je précise s’il le fallait, que cette critique n’est en rien personnelle, mais profondément et uniquement politique. Décidément le Douaisis a perdu beaucoup lors de ces élections législatives du mois de juin. Mais chacun peut s’assurer désormais que la France insoumise sera toujours là pour informer, alerter, s’opposer et proposer.

François GUIFFARD

Communiqué : Second tour des élections législatives

Communiqué : Second tour des élections législatives

Voici ma réaction sur le second tour des élections législatives :

Je salue d’abord la victoire de Dimitri Houbron (LREM) dans la 17e circonscription du Nord, et lui souhaite pleine réussite. Néanmoins je considère que si le Douaisis a échappé au pire hier soir, il n’en est pas moins sorti perdant. D’une part parce qu’il est légitime de douter de la capacité du nouveau député de porter à l’Assemblée nationale la voix d’un territoire qu’il connait si peu. D’autre part, parce que l’assise électorale qui est la sienne est extrêmement fragile. En cumulant l’abstention ainsi que les votes « blanc » et « nul » le candidat d’En Marche n’a donc été élu que par 19,6% des inscrits… Si ce résultat traduit bien la défiance des citoyens envers le monde politique, il ne faut jamais penser l’abstention comme une fatalité. Celle-ci est au contraire porteuse d’un message politique fort qu’il convient enfin de considérer. C’est en construisant avec tout-e-s un projet de société ambitieux et cohérent que nous pourrons la faire cesser. C’est en poursuivant inlassablement cet objectif dans l’exemplarité que nous pourrons redonner goût au futur.

Je félicite également la victoire de notre camarade Alain Bruneel sur la circonscription voisine. Grâce au choix courageux des insoumis qui avaient renoncé à se présenter, celui-ci avait pu se qualifier au second tour. Grâce à l’implantation historique de son parti et au travail militant, il a pu l’emporter. Il faudra à l’avenir méditer cette leçon politique et renouer le dialogue dans le respect de chacun, car il ne sera plus possible d’ignorer notre force.

De manière plus générale, il faut considérer enfin que dans un océan d’abstention, la vague En Marche a été moins grande que prévue. Elle a rencontré face à elle, la digue de la France insoumise. Avec 17 députés, nous voilà en mesure de constituer seul, un groupe à l’Assemblée. Le pari est donc réussi, mais le plus dur commence. Aujourd’hui nous entrons en résistance face à la politique d’Emmanuel Macron que de nombreux députés LR ou PS, soutiendront. Et demain nous devons poursuivre la construction d’un mouvement populaire qui soit en mesure de rassembler suffisamment pour être en mesure d’appliquer notre programme.
Demain nous appartient !

François GUIFFARD

 

Une pensée émue enfin, pour l’élection d’Adrien Quatennens et Ugo Bernalicis, nos deux insoumis du Nord. Bravo à eux. Bravo mes amis.

Communiqué : On lâche rien!

Communiqué : On lâche rien !

Voici ma réaction aux résultats du 1er tour de l’élection législative sur la 17e circonscription du Nord

Je tiens d’abord à remercier les 3 961 électeurs qui se sont portés sur ma candidature et celle de la France insoumise. Avec 12,08% des voix nous arrivons en troisième position, derrière le Front National et En Marche. Le second tour opposera donc d’un côté un candidat parachuté portant des idées de haine, et de l’autre un parfait inconnu n’ayant aucune expérience politique. Les citoyens du Douaisis n’ont donc pas choisi des responsables politiques connaissant leur territoire et leur quotidien, mais des étiquettes. C’est une dynamique nationale qui a primé, et nous la respectons.

Face à constat, nous ne donnons aucune consigne de vote. Les électeurs n’appartiennent à personne. Chacun est libre. Mais nous répétons haut et fort que pas une voix ne doit aller au Front National.

Je tiens ensuite à faire remarquer la chose suivante : alors que le PS et le PCF s’étaient battus durant la campagne pour représenter « la gauche », ils ne l’incarnent plus. Il faut d’ailleurs pointer du doigt la lourde responsabilité de ce dernier en ayant refusé de nous soutenir. En effet nos deux scores cumulés nous aurait largement permis d’être au second tour! Or il faut bien avoir à l’esprit que sur la circonscription voisine, la France insoumise avait fait un pas en renonçant à présenter un candidat afin que celui-ci ait une chance de sauver son siège. Le PCF n’a pas souhaité faire un pas en retour, dont acte. Cette situation est profondément regrettable et il est important de renouer le dialogue. J’invite d’ailleurs chacun à se poser cette question au vu des résultats : de quel côté est la dynamique populaire aujourd’hui?

Je tiens enfin à mettre en garde les uns et les autres contre tout triomphalisme. Avec 54,51% d’abstention sur la circonscription il n’y a pas d’enthousiasme ni d’élan pour la politique proposée par Macron. Il n’existe donc pas de majorité pour casser le code du travail par ordonnance. Et il n’existera pas demain de voix suffisamment forte pour représenter notre territoire à l’assemblée nationale.

Je terminerai en remerciant tous celles et ceux qui ont participé de près ou de loin à cette campagne. Ce résultat est aussi le vôtre. Ce fut une belle aventure humaine. Et soyez certain que celle-ci ne fait que commencer. Désormais il faudra compter sur les insoumis pour construire l’Avenir.

 

François GUIFFARD

Communiqué : Contre l’homophobie, des députés qui agissent!

Communiqué : Contre l’homophobie, des députés qui agissent!

Aujourd’hui 17 mai, Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, nous rappelons que dans le monde 72 pays pénalisent l’homosexualité dont 13 de la peine de mort. Sinon, c’est la punition du fouet ou la prison. En Tchétchénie, depuis mars, les homosexuels sont ciblés par des persécutions systématiques des autorités : arrestations, tortures et appels aux meurtres baptisés « crimes d’honneur ». Mais ailleurs, dans tous les pays, les LGBTI-phobies subsistent au quotidien : école, travail, famille, Internet…

Dans le cadre de ma profession, j’ai pu me rendre compte que les plus jeunes reproduisaient eux aussi les représentations d’une société qui n’accepte pas toujours la différence. Les discriminations en raison de l’orientation sexuelle sont en effet nombreuses au lycée. C’est pourquoi je souhaite m’engager pleinement sur ce point en favorisant par exemple les agréments pour les associations LGBTI en milieu scolaire.

Candidat·e·s pour La France insoumise aux législatives :

– nous nous engageons pour la dépénalisation universelle de l’homosexualité devant l’ONU ;
– nous demandons d’accueillir les réfugié·e·s LGBTI par l’octroi de « visas pour l’asile », afin de sécuriser leur évacuation ;
– nous signons la « Charte pour un débat respectueux » de l’inter-LGBT : http://www.lgbt2017.fr/propositions/charte-debat.html

 

François GUIFFARD

Handicap : Assurer l’éducation à tous

Handicap : Assurer l’éducation à tous

NB : Il y a une semaine, je découvrais la Une de l’Observateur du Douaisis « Laissez nous aller à l’école ». L’article faisait référence à un jeune couple de Waziers contraint de retirer ses trois enfants autistes (voir photo) de l’école, faute de moyens pour les y aider. Comme beaucoup j’ai été choqué, scandalisé et ému, par la situation invraisemblable que rencontre cette famille. J’ai donc décidé  d’écrire sur ce sujet afin d’alerter et de sensibiliser nos concitoyens. C’est peu, mais ce n’est pas rien. Nous ne pouvons plus ignorer ces situations dans la France de 2017. Nous n’avons plus d’excuse. Je souhaite ainsi m’engager pleinement en tant que candidat aux élections législatives pour que demain, une grande loi puisse émerger afin de garantir une citoyenneté pleine et entière à chacun. La différence est une chance, pas un obstacle.

Je précise enfin, que j’ai co-rédigé cet article avec une insoumise ayant choisi de signer ϕlomène pour préserver son anonymat. Enseignante référente pour la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) pendant 2 ans, son expérience m’a été précieuse. Un grand merci à elle.

Des citoyens délaissés de notre République

Peut-être ne le saviez vous pas, mais ce sont près de 10 millions de Français-e-s qui sont touchés par le handicap. Sujet tabou ? Non, parler de handicap, c’est parler de tous. Aujourd’hui non seulement chaque personne touchée par le handicap est confronté à la difficulté de sa situation, mais elle est en plus ostraciser par une société qui a décidé de fermer les yeux. Il faut pourtant regarder la réalité en face : notre République, celle qui parle d’égalité et de fraternité, délaisse ses propres citoyens en situation de handicap. Que cela soit en matière de logement, d’accès au travail, de mobilité ou d’éducation, la France est en retard sur nombre de ses voisins européens ou occidentaux.

Prenons l’exemple de l’école : 350 000 élèves en situation de handicap bénéficient d’un accompagnement en 2014, dont 78 000 en établissements spécialisés. Mais elles et ils ne sont que 28 000 auxiliaires et 41 000 titulaires de contrats aidés à pouvoir les accompagner. C’est pourquoi environ 20 000 enfants restent sans solution d’appui. Or les annonces récentes du Plan Autisme et des services d’éducation spécialisée ne sont pas à la hauteur des besoins. Charlotte et Samuel (les parents cités dans l’article) ne sont donc pas un « cas isolé », bien au contraire. Nous devons collectivement apporter des solutions.

L’école, lieu de référence pour accueillir chaque enfant

La loi du 11 février 2005 est une loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté. Elle garantit le libre choix de son projet de vie par la personne handicapée fondé sur trois principes clés :

  • Le droit à la compensation (des conséquences du handicap)
  • La participation à la vie sociale en développant l’accessibilité généralisée de la cité
  • La place de la personne handicapée au centre des dispositifs qui la concerne.

Pour l’école, il s’agit d’assurer l’accessibilité aux savoirs en mettant en place une compensation qui prenne la forme d’un AVS, de  matériel adapté, d’un aménagement de scolarité, d’une allocation, d’un aménagement d’examen, d’un transport scolaire ou d’une  orientation spécialisée.

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L’Éducation nationale ne doit désormais plus se demander  « si » elle doit accueillir les élèves à besoins éducatifs particuliers, mais bien « comment » elle doit les accueillir. Dès la maternelle, le directeur doit organiser une réunion d’équipe éducative avec les parents et les professionnels de santé qui suivent l’enfant pour définir les conditions de scolarisation. Ces conditions sont formalisées dans un document qui doit être revu dès que besoin et au moins une fois par an.

Afin que la scolarisation soit un succès, le travail d’équipe est primordial. Les parents ne doivent pas être laissés sans solution. Ils  peuvent prendre contact avec l’enseignant référent de leur secteur pour une information plus ciblée.

Nos propositions : pas d’obstacles aux personnes en situation de handicap

Notre projet, c’est celui qui garanti l’autonomie de chacun par la solidarité nationale. L’État doit donc prendre les mesures qui s’imposent en matière d’éducation :

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  • Inclure un volet « Handicap » dans la formation des enseignant·e·s afin qu’elles et ils soient en mesure de répondre aux particularités de tou·te·s les enfants.
  • Créer, dans l’enseignement primaire et secondaire, autant de classes Ulis (Unité locale d’inclusion scolaire) que nécessaire pour la scolarisation des enfants encore « sans solution », mais en renforçant l’efficacité de leur rôle de « passerelles » vers une véritable inclusion au sein des écoles ordinaires.
  • Rouvrir et développer dans l’enseignement primaire autant de Rased (Réseaux d’aides spécialisées aux enfants en difficulté) que nécessaire pour soutenir la scolarisation d’enfants rencontrant des difficultés.
  • Rouvrir les cursus de formation d’enseignant·e·s spécialisé·e·s pour pourvoir les postes nécessaires dans les classes Ulis, les Rased, les établissements et services médico-éducatifs.
  • Décloisonner le secteur de l’Éducation nationale et le secteur médico-social, et développer la mise à disposition d’enseignant·e·s spécialisé·e·s au sein des établissements médico-éducatifs pour les enfants ne pouvant intégrer une classe « ordinaire ».
  • Répondre à l’accompagnement de ces élèves par la création du nombre ad hoc de postes de titulaires d’auxiliaires de vie scolaire formé·e·s et diplômé·e·s (création d’un diplôme d’AVS).
  • Prendre en compte l’inclusion individuelle de ces élèves dans le calcul des effectifs de la classe.

François GUIFFARD & ϕlomène

Communiqué : Un président sans majorité!

Un président sans majorité !

NB : Voici ma première réaction suite au résultat du second tour de l’élection présidentielle. Vous souhaitant une agréable lecture.

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Les résultats sont donc tombés hier soir sous le coup de 20h, et quelle grande surprise ! Emmanuel Macron est élu Président de la République avec 65,8 % des suffrages. Mais si sa victoire est nette et sans bavure, elle cache néanmoins de grandes fragilités.

D’abord il faut considérer que seulement 43% des inscrits se sont portés sur sa candidature (voir infographie). C’est la conséquence d’un vote blanc a son plus haut niveau et d’une abstention inédite. Ainsi, malgré la hausse sensible du corps électoral (+ 6 millions d’électeurs depuis 2002), Emmanuel Macron a réuni 5,5 millions d’électeurs de moins que Jacques Chirac il y a quinze ans. Les choses ne sont bien sûr plus les mêmes, excepté que la France tourne une nouvelle fois le dos à l’extrême droite. Là s’arrête la comparaison. Mais ces éléments traduisent bien la désaffection que nourrit Emmanuel Macron.

Localement à Douai, c’est l’abstention, additionnée aux votes « blanc » et « nul », qui arrivent en tête (40,4% du total des inscrits), devant Macron (34,6%) et Marine Le Pen (25%). Je suis fier de ma ville. Nous n’avons pas cédé à la peur ni au chantage. En revanche, les scores dans le reste de l’arrondissement sont plus inquiétants. Comme nous nous y attendions, Marine Le Pen arrive en tête dans de nombreuses communes, si bien que sur la 17e circonscription du Nord*, Emmanuel Macron n’est en tête que d’un cheveu (50,4%). Nous devons donc redoubler d’efforts et garder la tête froide. Rien n’est encore joué.

Macron préside, qui gouverne ?

Considérons ensuite que si les Français l’ont élu Président, ils sont 61% à ne pas vouloir lui donner de majorité absolue à l’Assemblée nationale ! Les élections législatives seront donc décisives. Elles peuvent redessiner un nouveau paysage politique.

Sur la dynamique des présidentielles la France insoumise est en mesure d’être au second tour dans 78% des circonscriptions du pays. Une cohabitation insoumise n’est donc pas à exclure ! « Nous ne sommes pas condamnés ni au pouvoir des riches ni à celui des haineux. Une nouvelle majorité parlementaire est possible autour de nous. Le gout du bonheur reste contagieux. A notre appel, le 18 juin, jour du 2e tour des législatives, notre résistance peut gagner la bataille ». Sur la 17e circonscription du Nord, nous nous inscrivons dans cette voie. Au vu des résultats locaux, nous pouvons légitimement croire que nous pouvons être au second tour (23% soit + 12 000 voix le 23 avril dernier).

Faire le jeu du Front National ?

Terminons enfin en affirmant que seuls 7% des électeurs de Jean Luc Mélenchon se sont reportés vers la candidate du Front National (ils sont +25% chez François Fillon). Nous avoir donc accusé de faire le jeu de l’extrême droite parce que nous ne donnions pas de consigne de vote était une mauvaise plaisanterie. La France insoumise est la seule force politique depuis dix ans à avoir contesté et fait reculer concrètement le Front National dans les catégories populaires.

Face au fascisme et en ce jour du 8 mai, beaucoup feraient bien de retrouver le sens de l’histoire. Culpabiliser les électeurs ne résoudra rien. Ce qu’il faut encore, c’est convaincre. Ce qu’il faut toujours, c’est tracer un autre horizon que celui de la peur. Gardons la tête haute et les idées claires, le combat est encore long.  Je termine ce communiqué par ces vers de Robert Desnos, poète français mort au camp de concentration de Theresienstadt en 1945, peu de temps après que l’Allemagne nazie ait capitulé.

« Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Français se préparent dans l’ombre à la besogne que l’aube proche leur imposera.
Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté, au rythme même des saisons et des marées, du jour et de la nuit.« 

 

François GUIFFARD

 

*La 17e circonscription du Nord rassemble les communes suivantes : Arleux, Aubigny au Bac, Auby, Brunémont, Bbugnicourt, Cantin, Courchelettes, Cuincy, Douai, Erchin, Esquerchin, Estrées, Féchain, Férin, Flers en Escrebieux, Fressain, Goeulzin, Hamel, Lambres lez Douai, Lauwin Planque, Lécluse, Marc en Ostrevent, Monchecourt, Râches, Raimbeaucourt, Roost-Warendin, Roucourt, Villers au Tertre.

Nous sommes la 2e force politique du Douaisis!

Nous sommes la 2e force politique du Douaisis!

NB : Il ne sert à rien d’écrire une énième analyse nationale du scrutin. Sans doute parce que celle-ci est déjà connue de tous, mais aussi parce que je ne saurai être exhaustif. Je tiens en revanche à revenir sur les résultats locaux de ce scrutin. Leur enseignement nous est précieux pour  la suite de la séquence électorale de 2017. Après les présidentielles, il convient de ne pas oublier les législatives. Or, si les résultats comportent leur lot de frustrations et de déceptions, ils sont aussi pleins d’espoirs.  7 millions d’électeurs ont choisi notre programme, celui de l’Avenir en commun. 7 millions de français-e-s ont choisi une autre République, un autre partage des richesses, une autre manière de produire et de consommer. Une autre vie.

Mélenchon, à 23% dans l’arrondissement

Avec 75,5% de participation dans le Douaisis, les citoyens se sont un peu moins rendu aux urnes qu’à l’accoutumé. Preuve que notre bassin est de plus en plus marqué par une abstention rampante et tenace. Ce premier élément n’est pas à négliger. Notre responsabilité politique est de convaincre tout le monde sans aucune exception. Nous ne pouvons donc pas nous satisfaire de cette participation. L’autre résultat inquiétant mais prévisible, est le score du Front National (environ 34% des voix). Le parti de l’extrême droite est treize points au dessus de sa moyenne nationale, preuve s’il en fallait une, que la « lepénisation des esprits » est une réalité locale qu’il faut sans cesse combattre. Dans la 17e circonscription, elle écrase même ses adversaires dans les communes rurales, en réalisant des scores au dessus des 40% (46,8% à Augigny-au-Bac, 44,78% à Brunémont, 44,49% à Lécluse où le FN a tenu un « meeting » il y a quelque jours).

En revanche, Macron, Fillon et Hamon sont eux en dessous de leur moyenne électorale (7 points de moins pour le premier cité, 7 points pour le second, et un point pour le dernier qui n’a même pas franchi la barre des 5%). Tous nos concurrents sont donc en recul par rapport au scrutin précédent ou à leur dynamique national. Le mouvement En Marche en effet, ne parvient pas à être en tête dans les communes principales de l’arrondissement. A Douai même, il est loin du duo Le Pen-Mélenchon tandis qu’à Sin le Noble il ne totalise que 14% des voix !

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La seule force politique à réaliser une percée électorale est donc celle de la France insoumise. Avec 5 points de plus qu’en 2012, Mélenchon rassemble donc 23% des suffrages et se rapproche de Le Pen dans de nombreuses, faisant parfois jeu égal, ou la dépassant dans les villes communistes (Waziers, Auby). A Douai, les résultats méritent également une analyse plus approfondie : dans les quartiers plus populaires de la ville, comme Dorignies ou la Clochette, il rassemble jusqu’à 33% des suffrages exprimés. Sur l’ensemble de la commune, c’est plus de 4 000 voix (soit presque le double de son score de 2012). Nous profitons clairement de l’effondrement du PS, où même sur la ville, pourtant acquise par Frédéric Chéreau en 2014, Benoit Hamon stagne à 6%. C’est un vraie claque pour les socialistes qui feraient bien d’assumer leurs erreurs… Enfin, notons les résultats de Cuincy, Monchecourt, Flers en Escrebieux, Lécluse, Roost Warendin où nous dépassons à chaque fois les 20%.

Le refus de donner une consigne de vote

«Bien sûr, médiacrates et oligarques jubilent. Rien n’est si beau pour eux qu’un second tour entre deux candidats qui approuvent et veulent prolonger, les deux, les institutions actuelles, qui n’expriment aucune prise de conscience écologique ni sur le péril qui pèse sur la civilisation humaine, et qui les deux comptent s’en prendre une fois de plus aux acquis sociaux les plus élémentaires du pays. »

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Le soir du premier tour, Mélenchon a pris la parole tardivement, attendant que les résultats sortis des urnes collent au plus près du résultat final. Son intervention fut très digne et courageuse, puisqu’en refusant de donner une consigne de vote, il laisse les insoumis libres de leur choix. Je dois dire que comme beaucoup d’autres militants, j’aurais été déçu de voir notre candidat (qui n’est pour rappel qu’un porte parole, pas un chef politique) se prononcer en notre nom. Ainsi, la France insoumise organise depuis plusieurs jours une consultation en ligne pour connaître la position majoritaire des insoumis. C’est la solution à la fois la plus cohérente par rapport à la campagne que nous avons mené, mais aussi la plus démocratique et respectueuse des citoyens ayant soutenu Mélenchon depuis de long mois.

Et pourtant, que d’encre a coulé sur cette décision ! Les chiens de garde et les socialistes, pourtant loin d’avoir des leçons à donner, nous culpabilise déjà du vote Front National. C’est dire leur mépris pour les électeurs et leur incapacité à penser l’enjeu politique actuel. En effet, toutes les consignes de vote et les appels au front républicain ne font que renforcer le vote frontiste, confirmant ainsi sa position « anti-système » alors que justement il faudrait en faire la démonstration inverse ! De cela, ils n’ont toujours pas compris. Pire, alors que Mélenchon a endigué la poussé du vote FN en concurrençant Le Pen dans le vote populaire aujourd’hui totalement abandonné par les politiques, il est mis au pilori. 24% chez les ouvriers, 23% chez les employés, 30% chez les jeunes. Comme le note si justement Jack Dion « Ceux qui cherchent des poux dans la tonsure du leader des Insoumis à propos de son positionnement pour le second tour seraient bien inspirés d’en tenir compte. Le meilleur moyen d’endiguer la machine FN, c’est d’aller le combattre sur le terrain du vote populaire, pour regagner ceux qui se trompent de colère. De ce point de vue, Jean-Luc Mélenchon a réussi son pari, et il sera intéressant d’en mesurer les conséquences lors des élections législatives. »

Rappelons enfin, que si Hamon s’était désisté, il n’y aurait pas eu besoin de donner de consigne de vote. Le Pen était éliminé et la gauche qualifié pour le second tour. De cela, nous n’oublierons rien. Évidemment je ferai un geste envers les électeurs socialistes, mais je ne marchanderai rien avec leurs élus, militants ou dirigeants qui portent une lourde responsabilité dans cette défaite collective. Nous resterons droits dans nos bottes.

La législative, un enjeu décisif pour gouverner le pays

La formule constitutionnelle est bien connue « Le Président, préside, le Premier ministre gouverne ». En effet, le premier charge le second de « conduire la politique du pays ». Pour cela, il lui faut avoir le soutien de l’Assemblée. Or, il apparaît aujourd’hui évident que ni Macron ni Le Pen ne sont en capacité d’avoir au minimum 288 députés au mois de juin, soit la majorité absolue. Ils seront donc contraint, soit à faire des alliances (autant dire que Le Pen n’a aucune chance), soit à gouverner sans majorité (c’est le retour à une forme de cohabitation). Sur la 17e circonscription* par exemple, bien que Le Pen ait réalisé un score très fort, il apparaît difficilement possible que le FN remporte la mise n’ayant aucune autre réserve de voix. Pour En Marche, Macron n’ayant même pas dépassé les 20% et tenant compte des niveaux d’abstention, il sera sans doute compliqué, pour un candidat inconnu du grand public, d’être au second tour (pour rappel, il faut réaliser au moins 12% des inscrits).

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Nous avons donc aujourd’hui, très clairement, une chance de gagner. Et cela tient aux efforts que nous avons fourni depuis plus d’un an ! Avec plus de 12 000 voix, la France insoumise est en position pour gagner. Je suis en position d’être un député insoumis demain. Pour cela, aucune voix ne doit manquer. Nous ne lâcherons rien!

 A l’échelle nationale, la France insoumise finit en tête dans 67 circonscriptions et en seconde position dans 167 circonscriptions. Si chaque électeur de JL Mélenchon se mobilise à l’élection législative, il est donc possible d’élire 185 parlementaires à l’Assemblée Nationale et d’en finir avec la Ve République! L’artice 11 alinéa 3 de la Constitution permet en effet à 185 parlementaires soutenus par 4 millions de citoyens de soumettre à référendum une proposition de loi pour la convocation d’une Assemblée Constituante. Voilà pourquoi tout est possible. Certains diront que chaque élection est différente, et je suis le premier à en convenir. Néanmoins, les législatives sont fortement liées aux présidentielles et nous continuerons sur le terrain à mener une campagne intense, proche des citoyens ! Depuis le 23 avril, nous groupe local n’a en effet cessé de s’agrandir ! Rien n’est terminé. Une autre campagne commence.

 

« L’heure à venir et les jours qui viennent restent ceux des caractères et de la conscience. Vous tous les gens, patrie bien aimée, vous êtes un matin tout neuf qui commence à percer. Fidélité à la devise de la République : Liberté, Égalité, Fraternité. »

François GUIFFARD

*La 17e circonscription du Nord rassemble les communes suivantes :

Arleux, Aubigny au Bac, Auby, Brunémont, Bbugnicourt, Cantin, Courchelettes, Cuincy, Douai, Erchin, Esquerchin, Estrées, Féchain, Férin, Flers en Escrebieux, Fressain, Goeulzin, Hamel, Lambres lez Douai, Lauwin Planque, Lécluse, Marc en Ostrevent, Monchecourt, Râches, Raimbeaucourt, Roost-Warendin, Roucourt, Villers au Tertre.